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Belleroche : ce quartier qu'ils veulent faire bouger !

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Belleroche : ce quartier qu'ils veulent faire bouger !
(D.R.)

Jusqu'aux limites de la commune de Limas, c'est presque une petite ville qui est montée à l'assaut de la colline de Belleroche vers le milieu du siècle.

En 1953, la première tranche de 189?logements a été construite, puis une seconde en 1960 de 286 logements qui permettait d'atteindre le sommet avec les deux "barres" sur le plateau supérieur, indique l'Académie de Villefranche dans son ouvrage "150?ans de vie caladoise".  C'était une période d'intense activité, où il fallait construire "vite" et pas cher. En 1970 enfin a commencé la troisième tranche, étageant tours et bâtiments. Voilà quelques étapes qui ont marqué la construction de ce quartier constitué comme une petite ville qui a vu se multiplier au fil des années les structures nécessaires à la vie de sa nombreuse population.
Réparti sur trois communes, Villefranche, Gleizé et en petite partie sur Limas, le quartier de Belleroche est composé aujourd'hui  de presque 98 % de logements sociaux.
"J'aime ce quartier, il a de nombreux atouts", souligne Marie-France Roux-Balandras, présidente du comité de défense des locataires. Habitant Belleroche depuis plus de deux ans, elle œuvre au quotidien pour améliorer les conditions d'un mieux vivre ensemble. Sans prétention et sans slogan. Les permanences du comité de défense des locataires se tiennent tous les lundis matin au local de la vie des quartiers rue Guillermet. "On se préoccupe bien sûr des problèmes de logements avec les bailleurs sociaux que la personne ne peut résoudre seule, mais aussi des fuites d'eau, du bruit, etc. Par exemple, nous avons réussi à résoudre les problèmes de moto-cross avec l'aide de la police, suite à de nombreuses réclamations. Un problème qui dérangeait tout le monde."

"Pas question de vivre en vase clos"

Marie-France Roux-Balandras est déterminée. "Pas question de vivre en vase clos, notre souci c'est le mieux vivre ensemble." Ainsi tout le monde doit se sentir concerné pour améliorer les conditions de vie dans le quartier et partager des moments conviviaux. "Les comptes-rendus des réunions de locataires sont envoyés à la sécurité urbaine, à la vie des quartiers pour impliquer le maximum de personnes", ajoute la présidente.  
La permanence est ouverte aussi pour des inscriptions à des activités de loisirs, que ce soit pour la patinoire place des Arts ou pour des sorties de ski en février ou encore récemment pour le marché de Noël à Lyon ou à La Tour-de-Salvagny. "A moindre coût pour que des familles en difficulté puissent s'y rendre", souligne Marie-France Roux-Balandras.
Récemment, un transport à la demande a été mis en place en partenariat avec le service vie des quartiers pour le tester sur une durée de deux mois. Il est destiné aux personnes à mobilité réduite, aux personnes âgées et à celles qui ne disposent pas de moyen de locomotion afin qu'elles puissent se rendre dans un supermarché voisin tous les jeudis à 9?h?30. "Des petits services qui facilitent la vie des familles", observe Marie-France Roux-Balandras.
Beaucoup de gens la saluent pendant notre tour du quartier, on l'arrête souvent pour lui demander un renseignement. "Certaines personnes ne savent même pas que le minimum vieillesse existe !", nous confie-t-elle.

Centre commercial : "Il faudrait le reconstruire"

Quant au centre commercial, il fait l'objet de nombreux commentaires. "Le salon de coiffure a fermé ses portes et il manque un supermarché ouvert à tous, La Poste résiste", souligne la présidente du comité de défense des locataires. Cela pourrait être un lieu super grâce de son emplacement. "Il s'est ghettoïsé", regrette Thomas Ravier. Le vice-président à l'urbanisme à l'Agglo Villefranche Beaujolais et adjoint à l'urbanisme et qualité de vie à la mairie de Villefranche est convaincu qu'il faudrait le reconstruire entièrement. "Est-ce qu'il faudra le développer, opter pour davantage de polyvalence, la réflexion va émaner du conseil citoyen", ajoute Olivier Charrin, conseiller délégué à la cohésion sociale et à la politique de la ville à l'Agglo et conseiller municipal délégué à la cohésion sociale à la mairie.   
Au cœur de Belleroche, la maison de quartier incendiée il y a quelques mois est toujours fermée. "Mais toutes les associations et le service jeunesse ont été relogés, souligne Olivier Charrin. Il faudra de toute façon la reconstruire, mais où, comment ?",  observe-t-il. "En attendant, on fait quoi??", questionne la présidente du comité de défense des locataires, même si elle reconnaît qu'une solution a été trouvée pour les associations.
Pleine d'énergie, elle ne désarme pas. "Nous voulons relancer la fête de quartier avec le tissu associatif qui est très riche sur Belleroche."     

Redonner de la mixité sociale au quartier

Des investissements ont été réalisés ces dernières années et les personnels municipaux, départementaux, ainsi que les bénévoles associatifs œuvrent au quotidien avec talent pour améliorer la vie des gens. C'est le constat que fait Thomas Ravier. "Néanmoins, cela n'est pas suffisant et cela ne suffira pas ! La réponse n'est pas à la dimension de l'enjeu. Nous avons officiellement sollicité l'Etat et l'Agglo pour qu'un effort massif de renouvellement urbain soit opéré sur ce quartier. Nous avons un projet, en partenariat avec les bailleurs sociaux, qui consiste à détruire plus de 300 logements et en reconstruire 500 de type privé ou accession à la propriété pour redonner de la mixité sociale à l'habitat de ce quartier." L'adjoint souhaiterait également créer plusieurs voies nouvelles pour traverser le plateau de Belleroche, désenclaver le quartier et reconquérir les espaces de vies publics. "Nous attendons avec impatience un engagement massif de l'Etat dans le cadre du plan ANRU 2. Nous devrions avoir une réponse avant le printemps."
"Des discussions vont être menées avec différents partenaires pour voir comment le quartier peut évoluer dans le domaine de l’habitat mais aussi des déplacements, du cadre de vie et des activités", ajoute Olivier Charrin,
Une réflexion qui va durer quelques années et faire l’objet de plusieurs phases. "Comme pour Troussier, cela a demandé des années", complète Thomas Ravier.
Quant à Jean-Luc Guénichon, adjoint à la cohésion sociale et vie des quartiers à Villefranche, il parle "d'un long projet de restructuration qui va durer près d'une quinzaine d'années et de la mise en place d'un conseil citoyen où des idées vont ressurgir".
Mercredi soir, au moment où nous imprimions, se tenait justement  le premier conseil citoyen (voir encadré) au gymnase Jean-Bonthoux : première étape d’une longue concertation avec les habitants pour discuter d’un quartier en devenir. A suivre.

Laurence Chopart




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