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Justice : une aide-ménagère indélicate

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Justice : une aide-ménagère indélicate
Dessin : Béatrice VINCENT-MARTRAY - La juge Jullien-Vernotte a longuement questionné la prévenue sur les chèques émis.

Escroquerie, abus de faiblesse… C'est ce qui a amené V.V., une aide-ménagère de 42 ans, au tribunal correctionnel de Villefranche mardi dernier.

La personne âgée chez laquelle elle travaille à Tarare, Mme C., va être alertée par des opérations "bizarres" sur son compte en banque. La victime aurait donné une fois son code de carte bleue pour une commande sur internet et l'aide-ménagère aurait effectué des achats à son propre profit. "Je commandais pour moi et je ne savais pas que ça prenait la carte de Mme C. et non la mienne", s'explique la prévenue. "Mais vous ne vérifiez pas que ce n'est pas votre carte ?, s'étonne la juge Jullien-Vernotte. De plus, avec vos petits revenus, vous pouvez vous commander tout ça ?" "Je ne surveille pas mon compte…"

"L'ARTHROSE L'EMPECHAIT DE SIGNER SES CHÈQUES"

Par ailleurs, la victime avait pour habitude de lui donner des chèques afin qu'elle effectue des courses. "Elle les signait avant que je m'y rende ou je les signais moi-même lorsqu'elle avait des crises d'arthrose dans les mains", explique V.V. Mais la vieille dame affirme ne pas être au courant de tous ces chèques émis.

Entre la victime et son aide-ménagère s'était instauré une certaine proximité. "Je restais plus longtemps pour discuter, j'y allais par amitié", explique V.V. Effectivement la vieille dame confirme avoir payé la piscine pour les triplés de son aide-ménagère, car celle-ci n'avait pas beaucoup de moyens.

"L'AIDE-MÉNAGÈRE SE PLAIGNAIT BEAUCOUP…"

Pour le ministère public, la prévenue a franchi les limites de son cadre professionnel, elle est entrée dans un engrenage. Le fait que l'aide-ménagère se plaigne beaucoup a conduit Mme C. à faire des choses préjudiciables pour elle-même. Il y a abus de faiblesse et le procureur demande donc six mois assortis du sursis.

"ON NE SAIT PAS AU PROFIT DE QUI ÉTAIENT ÉTABLIS LES CHÈQUES"

Pour l'avocat de la défense, Me Minodier, et concernant l'usage de la carte bleue, "quand on est sur internet pour des achats, on enregistre quelquefois automatiquement et quand on arrive au bout on valide, sans même avoir regardé la carte utilisée… Et V.V. n'est pas attentive à ce genre de choses". Quant à l'abus de faiblesse, il pense qu'une expertise aurait été utile, "dans l'intérêt même de la victime, afin qu'il y ait des éléments pour apprécier sa situation".

Il évoque le manque de précisions concernant les chèques émis : "On ne sait pas s'ils ont été établis au profit de la vieille dame ou de V.V." Et il s'étonne que début 2016 on ne se soit pas posé de questions concernant les retraits de carte bleue. "Dans cette relation, n'y avait-il pas vraiment cette confiance ? L'arthrose pouvait justifier ce type de comportement."

Suite aux délibérés, la prévenue est relaxée pour les accusations d'abus de faiblesse mais reconnue coupable pour les autres chefs d'accusation. Elle devra dédommager Mme C. à hauteur de 1 000 euros au titre des dommages et intérêts.

Jacqueline FABRE




Jacqueline FABRE
Journaliste

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