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Procès fleuve pour une bagarre générale en discothèque

le - - Faits divers / Justice

Procès fleuve pour une bagarre générale en discothèque
Dessin : Béatrice VINCENT. - Les parties civiles et leurs avocats.

Trois heures, c'est la durée qu'il a fallu au tribunal de grande instance de Villefranche pour juger les cinq jeunes, âgés de 23 ans, qui comparaissaient mardi dernier.

Le 23 avril 2016 à l'Arc-en-ciel à Quincié-en-Beaujolais, deux bandes de jeunes, l'une originaire de Saint-Lager et l'autre de Belleville, se sont affrontées dans un premier temps à l'intérieur de la boîte de nuit, puis à l'extérieur, à coups de poings, de bouteilles, de tabouret…

Des regards méchants, des provocations, peut-être des insultes racistes (non poursuivies), ont provoqué l'altercation. De qui serait venu le premier coup ? Apparemment d'un Bellevillois… "Pour des regards, vous en êtes arrivés à ça ? Vous jouez un peu les coqs !", leur assène la juge Aurore Jullien-Vernotte.

Dans les explications de tous les prévenus, c'est un peu flou : l'un a dit vouloir défendre son ami, l'autre avoir essayé de séparer les bagarreurs, un autre ne même pas savoir avec qui il s'est battu… "Ça partait dans tous les sens, ça allait très vite", témoigne l'un des prévenus à la barre.

Et même après le visionnage de la vidéo réalisée à l'Arc-en-ciel ce fameux soir, identifier les différents protagonistes s'est avéré bien difficile lors de l'audience.

D'après le vigile, ces jeunes de Saint-Lager sont connus pour être des bagarreurs. Le DJ, lui, parle "d'une violence assez rare" lors de cette soirée ; qu'une personne de Belleville, au sol, a même demandé pitié.

Après avoir séparé les deux groupes, isolant les Bellevillois à l'extérieur, le vigile explique que la bande de Saint-Lager a forcé le passage pour sortir et "qu'ils ne comptaient pas en rester là". Mais à l'extérieur, les Bellevillois se sont munis de différentes armes (matraque, barre de fer…) et la baston a repris de plus belle.

"UNE VIOLENCE INOUIE"

Le ministère public s'étonne : "Et ça n'a pas traversé l'esprit de l'un d'entre vous, à un moment, d'appeler les gendarmes ? Que pensez-vous de votre comportement ?", demande-t-elle aux prévenus. "On aurait dû partir !", concède l'un. "Je regrette la bagarre et les dommages qu'il y a eu", souligne un autre.

Pour l'un des avocats des parties civiles, "on ne vient pas en boîte pour recevoir ces coups d'une violence inouïe. Ils ont tous participé et vous devez retenir pour chacun d'entre eux l'ensemble des préventions".

Les victimes, qui reconnaissent avoir donné des coups pour se défendre, ont été blessées à des degrés divers. L'un des Bellevillois, dont l'état de santé n'est pas encore stabilisé, a subi un traumatisme crânien avec un trou dans la tête qui a nécessité une reconstruction… De ce fait, la défense réclame d'autres expertises médicales, une condamnation solidaire des prévenus et des dommages et intérêts.

"ILS ONT COMPLÈTEMENT PERDU LA TETE !"

Pour le ministère public, la situation est surréaliste : "A 99 % du temps ce sont des jeunes très bien et ce soir-là ils ont complètement perdu la tête !". Pour quatre des prévenus, il requiert huit mois de prison avec sursis et 1500 euros d'amende, pour le cinquième quatre mois avec sursis et 800 euros d'amende.

L'avocat de la défense argumente "qu'au final on ne sait pas trop ce qui s'est passé. Et je ne peux pas accepter qu'avec ce doute on les condamne". Il demande donc au parquet l'annulation des poursuites ou la condamnation de tous les protagonistes.

L'affaire a été mise en délibéré et le jugement sera rendu mardi 7 novembre prochain.

Jacqueline FABRE




Jacqueline FABRE
Journaliste

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