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Troussier : la parole est aux habitants

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Troussier : la parole est aux habitants
Alors que le chantier de rénovation est en cours d'achèvement, un livre titré "En(visage)ons Troussier" vient d'être réalisé. Il rassemble des témoignages d'habitants acteurs du projet. Un spectacle théâtral et musical et une expo inspirés du livre se tiennent au théâtre.

C'est un travail intéressant et de longue haleine qu'a mené la Compagnie Le Fanal durant trois ans au cœur du quartier Troussier.

Une compagnie dont le siège social est à Lyon et qui travaille depuis une dizaine d’années sur les projets d’accompagnement artistiques de la rénovation urbaine. "Fin 2011, nous avons été approchés par la ville de Villefranche, porteur du dossier, qui souhaitait un volet artistique et culturel et non pas qu’un travail de communication alors que le quartier allait être rénové", explique Pierre Desmaret, responsable artistique de la compagnie. Un travail principalement lié à la valorisation de la mémoire comme le souhaitaient Bernard Perrut et Thomas Ravier. Le but était de déployer une série d’actions artistiques qui permettrait de donner des occasions pour rencontrer les habitants du quartier. "A partir de 2012, nous avons proposé des spectacles, soit des modules inspirés du théâtre de rue. En 2013, alors que le chantier de rénovation était à sa phase haute, nous avons engagé une opération de porte-à-porte chez les habitants. Et chaque fois que la porte s’ouvrait, on a pu réaliser un entretien à domicile qui s’est accompagné de photos de Bruno Amsselem."

Restituer les parcours d'immigration des habitants

Rassemblés dans un ouvrage, ces témoignages permettent de lire la mémoire et de restituer les parcours d'immigration des habitants. Au cœur du quartier en pleine mutation, le travail réalisé par la Compagnie Le Fanal laisse entrevoir un constat : un dialogue interculturel à reconstruire et une grande lassitude envers le chantier de rénovation. "L’entretien était basé sur un principe pré-défini par la compagnie : époque et conditions d’arrivée, installation et vie quotidienne dans les années 1970 voir plus tard, puis le regard des habitants sur le quartier et le chantier de rénovation", expose Pierre Desmaret. On retrouve dans le livre et le spectacle, ces trois phases. "Les entretiens révèlent la dureté des déplacements des familles qui ont dû quitter leur pays : la Turquie, la Pologne ou une partie de l’Afrique du Nord, explique Pierre Desmaret. Les Français venus de toutes les régions ont dû s'installer à Villefranche pour également trouver du travail car elle faisait partie des villes où il y avait des offres d'emploi." Chaque famille a donc fait un certain voyage, plus ou moins long ou difficile, avant d'habiter à Troussier. Les conditions d'emploi et l'offre de travail à Villefranche dessinent des parcours sociaux assez comparables. C'est ce que constate la Compagnie le Fanal.

Comprendre le fonctionnement social du quartier

Parmi les témoignages, on retrouve ceux de Mohamed Biskri, gérant de la Librairie-Boutique des Marais, Najib Moumen, responsable d’animations à la maison de quartier de Troussier. "Ils nous ont très bien décrit toutes les situations qu’ils ont connues : comment leurs parents sont venus travailler, comment les familles se sont reconstituées dans le cadre du regroupement familial de 1978 ou après. Nous suivons très précisément à travers leurs témoignages le fonctionnement social du quartier Troussier." Azzadine, 36 ans, témoigne aussi. Il est arrivé d'Algérie avec sa famille en 1980 pour rejoindre son père qui était à Villefranche depuis 1970. Après un CAP, il a travaillé à l'usine. Puis il s'est retrouvé sans travail, il est alors monté à Paris, puis revenu à Troussier. "Je suis satisfait en ce qui concerne la rénovation du quartier. L'ambiance est meilleure mais les jeunes veulent du travail", nous a-t-il confié. "S’il n’y a plus de boulot, ça se tend", complète Pierre Desmarets. Le travail de la compagnie a été de comprendre et de suivre l’évolution de ce quartier y compris jusqu’au chantier. Elle a donc interrogé l’aménageur HBVS, le maire Bernard Perrut et Jean-Jacques Pignard, l'ancien maire qui s'est historiquement battu pour ce projet.

"Nous sommes heureux de cette réalisation, elle permettra de faire en sorte que les gens puissent se dire à partir du livre ou du spectacle, "la vie des gens c'est ça à Troussier", conclut Pierre Desmaret

Laurence Chopart




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