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Violences conjugales : "Ils n'étaient juste pas assortis !"

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Violences conjugales : "Ils n'étaient juste pas assortis !"
Dessin : Béatrice VINCENT-MARTRAY - Pour le prévenu, sa femme "ne comprenait pas la vie".

En direct du tribunal correctionnel de Villefranche.

S.A., 24 ans, se présente à la barre du tribunal de Villefranche pour violence et menace de mort sur C.A., 22 ans. En couple depuis décembre 2014, la jeune fille, suite à une dispute avec son père, emménage chez le jeune homme en avril 2016 et ils se marient en juillet 2016. Le jour de son installation chez lui, elle dit recevoir une gifle, assortie d'insultes : "Je ne voulais pas qu'elle vienne vivre chez moi !", explique S.A.

Puis ce sont les insultes et brimades au quotidien, ce qui n'empêchera pas la jeune femme de l'épouser, malgré l'altercation qui aurait eu lieu une semaine avant le mariage. Elle évoque des coups lui ayant ouvert une arcade sourcilière, lui parle d'un cadre qui lui serait tombé dessus… "Si je la tapais, pourquoi elle a voulu se marier ?", observe-t-il.

"CONSIDÈRE TOI COMME UNE FEMME MORTE !"

Et c'est finalement le 22 mars 2017 qu'elle quitte le domicile et déchaîne la colère de son mari qui lui envoie un sms de menace ("Sale pute, considère toi comme une femme morte !"), qu'il justifie ainsi : "Ça m'a énervé car elle répondait pas à mes messages et à mes appels".

A la barre, le jeune homme argumente alors : "Y'a des choses qu'elle faisait mal. Je lui expliquai et elle comprenait pas… Je me suis pas marié avec elle pour m'amuser !". A l'un des trois juges qui lui fait remarquer son mépris pour sa femme et ce besoin de la rabaisser, il explique : "Elle était immature, elle comprenait pas la vie, j'assumais tout à la maison".

PAS DE JUPE AU-DESSUS DU GENOU

Hormis les violences physiques, l'avocate de la victime évoque alors les interdictions vestimentaires dont elle faisait l'objet, notamment le port de jupe au-dessus du genou : "Par respect pour moi, pour qu'on ne vienne pas me dire des choses sur elle ! En vacances elle faisait ce qu'elle voulait".

L'avocate souligne également des violences économiques car il lui confisquait son salaire en intégralité. "Ce n'est pas vrai, je gagnais plus qu'elle. C'est moi qui ai tout payé !". Par ailleurs, aux dires de C.A., l'homme continue de la harceler, de la suivre. "J'ai pas que ça à faire, à lui courir après !", rétorque-t-il. Pour toutes ces violences, l'avocate demande 3 000 euros de dommages et intérêts.

Le ministère public, jugeant toutes ces violences intolérables, requiert trois mois de prison avec sursis simple et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime.

Pour l'avocat du prévenu, "on nous propose le scénario d'un tyran domestique mais il n'a jamais nié certaines choses, il n'a pas de casier. Il faut le condamner sur ce dont on est sûrs… Ils n'étaient juste pas assortis !".

Aux termes des délibérés, le prévenu est condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1 500 euros de dommages et intérêts.

Jacqueline FABRE





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